Nos Actualités 9 juillet 2026 7 min de lecture

Commissaire aux apports | Quand sa nomination est obligatoire ?

La nomination d'un commissaire aux apports est une étape clé. Découvrez dans ce guide complet les cas où elle est obligatoire et les seuils à respecter.

Lors d’une création de société ou d’une augmentation de capital, la question du commissaire aux apports arrive très vite dès qu’il y a des biens apportés autrement qu’en numéraire. Faut-il en nommer un systématiquement ou seulement au-delà de certains seuils ? Comment cela varie selon que vous êtes en SARL, SAS, SA ou encore EURL ou SASU ? Et surtout, quels risques prenez-vous si vous décidez de vous en passer à tort ?

En 2026, avec un cadre juridique de plus en plus sécurisé et des levées de fonds plus fréquentes, maîtriser le rôle du commissaire aux apports devient un enjeu stratégique autant que juridique. Cet article fait le point, de manière opérationnelle, sur les cas où sa nomination est obligatoire et sur les situations où une dispense est possible, afin de vous aider à structurer votre capital en toute sécurité.

Commissaire aux apports : Dans quels cas sa nomination est-elle obligatoire ?

Temps de lecture : ~12 min

  1. Commissaire aux apports : définition et rôle
  2. Obligations de nomination
  3. Processus de nomination
  4. Dispense : conditions et risques
  5. Enjeux stratégiques
  6. FAQ

Commissaire aux apports : définition et rôle

Le commissaire aux apports est un professionnel indépendant, le plus souvent commissaire aux comptes, chargé d’évaluer la valeur des apports en nature intégrés au capital social. Il intervient lors de la constitution d’une société ou d’une augmentation de capital lorsque des biens autres que de l’argent sont apportés : matériel, immeuble, fonds de commerce, titres, brevets, marques, logiciels, etc.

commissaire aux apports

Ses missions clés : apprécier la valeur réelle des biens à la date de l’opération, vérifier la propriété et l’absence de charges significatives, proposer une valeur servant de base à l’attribution des parts ou actions, éviter toute surévaluation susceptible de tromper les associés ou les créanciers.

Le recours à cet expert poursuit trois objectifs majeurs : sécuriser juridiquement l’opération, assurer l’égalité entre associés en alignant le capital sur la valeur réellement apportée, renforcer la confiance des banques et investisseurs dans la fiabilité des comptes.

Obligations de nomination

La loi n’impose pas les mêmes règles selon la forme sociale et le montant des apports en nature. Le tableau ci-dessous synthétise les principales obligations et possibilités de dispense.

Forme de société Obligation Dispense possible ?
SA Commissaire aux apports obligatoire pour tout apport en nature Aucune
SAS / SASU Obligatoire si un apport > 30 000 € ou si la totalité des apports en nature ≥ 50 % du capital Oui, en-dessous de ces seuils et sur décision unanime des associés
SARL / EURL Obligatoire si un apport > 30 000 € ou si la totalité des apports en nature ≥ 50 % du capital Oui, mêmes conditions que pour SAS / SASU ; exception pour l’EURL avec apport des éléments figurant au dernier bilan de l’entrepreneur individuel

Sociétés anonymes (SA)

Dès qu’il existe des apports en nature, la nomination est impérative et aucune dispense n’est prévue, que ce soit à la constitution ou lors d’une augmentation de capital.

SAS et SASU

En pratique : commissaire aux apports exigé si un apport dépasse 30 000 € ou si la valeur totale des apports en nature représente au moins la moitié du capital. En-dessous, les associés peuvent fixer eux-mêmes la valeur, mais leur responsabilité est engagée en cas de surévaluation.

SARL et EURL

Principe identique à celui des SAS. Deux conditions cumulatives pour la dispense : aucun apport > 30 000 € et apports en nature ≤ 50 % du capital. Pour l’EURL, une exception existe lorsque l’associé unique personne physique apporte les éléments de son dernier bilan.

Processus de nomination

Désignation du commissaire aux apports

Le commissaire est choisi à l’unanimité par les associés ; à défaut d’accord, le président du tribunal de commerce procède à la nomination. Il doit être commissaire aux comptes ou inscrit sur une liste habilitée, totalement indépendant de la société et non impliqué dans sa gestion.

Mission et rapport

L’expert vérifie la nature des biens, la propriété, les charges éventuelles et leur valeur vénale (méthodes comparables de marché, flux actualisés, expertises immobilières, etc.). Son rapport décrit chaque apport, justifie la méthode retenue et conclut sur la valeur totale. Le document est remis à la société, mis à disposition des associés, annexé aux statuts si nécessaire et déposé au registre du commerce.

Dispense : conditions et risques

La dispense reste possible pour les sociétés alignées sur le régime SARL (dont SAS/SASU dans la pratique) lorsque les deux conditions ci-dessous sont réunies et qu’une décision expresse est prise.

commissaire aux apports
  • Aucun apport en nature n’excède 30 000 €
  • La somme des apports en nature est ≤ 50 % du capital social

Les associés qui fixent eux-mêmes la valeur des apports sont responsables pendant cinq ans. En cas de surévaluation, ils peuvent être tenus de verser un complément ou d’indemniser les tiers. Une surévaluation volontaire ou frauduleuse peut entraîner jusqu’à 375 000 € d’amende et cinq ans d’emprisonnement.

Enjeux stratégiques

Avantages concrets

Sécurisation juridique et limitation des contestations, image renforcée auprès des investisseurs et des banques, prévention des conflits internes liés à la valorisation des biens et base fiable pour de futures opérations (levée de fonds, transmission, etc.).

Limites et points de vigilance

Les honoraires dépendent de la complexité des biens et du temps nécessaire. La mission peut également rallonger le calendrier de l’opération ; il faut donc l’anticiper pour ne pas bloquer la création ou l’augmentation de capital.

FAQ

Le commissaire aux apports est-il toujours obligatoire quand j’apporte un fonds de commerce ?

Non. Il devient obligatoire si la valeur du fonds dépasse 30 000 € ou si l’ensemble des apports en nature représente plus de la moitié du capital pour les SARL, EURL, SAS et SASU. En SA, il est imposé dès qu’il y a apport en nature.

commissaire aux apports

Peut-on choisir librement le commissaire aux apports ?

Oui, à condition qu’il possède la qualité requise (commissaire aux comptes inscrit) et qu’il soit indépendant. La désignation se fait en principe à l’unanimité ; en cas de désaccord, le tribunal de commerce nomme l’expert.

Que se passe-t-il si l’évaluation du commissaire aux apports ne me satisfait pas ?

Pendant la mission, vous pouvez fournir des éléments complémentaires. Une fois le rapport déposé, le contester nécessite des preuves solides et peut conduire à un contentieux complexe.

Qui est responsable si la valeur retenue se révèle trop élevée dans le temps ?

Le commissaire évalue les biens à la date de l’apport ; les variations ultérieures ne relèvent pas de sa responsabilité. Si la société a renoncé à l’expert alors qu’elle y était autorisée, les associés restent responsables pendant cinq ans en cas de surévaluation initiale.

Points clés à retenir sur le commissaire aux apports

La nomination d’un commissaire aux apports dépend essentiellement de la forme de la société et du poids des apports en nature dans le capital. En SA, son intervention est systématique dès qu’un bien est apporté ; en SAS, SASU, SARL et EURL, elle devient obligatoire au-delà de certains seuils, avec une marge de manœuvre pour une dispense lorsque les apports en nature restent limités et que les associés assument pleinement leur responsabilité.

Au-delà de l’obligation légale, recourir à un commissaire aux apports constitue un levier de sécurisation et de crédibilité de votre projet : valorisation objective des biens, réduction des risques de litiges internes, renforcement de la confiance des partenaires financiers et base solide pour vos futures opérations sur le capital.

Structurer votre capital avec des apports en nature est une opportunité, mais suppose de respecter strictement les règles relatives au commissaire aux apports. Pour un accompagnement global comptable, juridique, fiscal et patrimonial, découvrez les expertises du groupe NECC.

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