La fiscalité automobile, et en particulier la fiscalité véhicule société 2026, a profondément changé depuis la disparition de l’ancienne taxe sur les véhicules de sociétés, et beaucoup de dirigeants continuent pourtant de raisonner avec les réflexes d’hier. En 2026, ce sont deux taxes annuelles distinctes qui frappent les véhicules de tourisme affectés à des fins économiques, auxquelles s’ajoutent l’avantage en nature, les règles d’amortissement et le malus écologique à l’achat.
Comprendre la fiscalité véhicule société 2026 est devenu un vrai sujet de pilotage, autant qu’un sujet de conformité. Ce guide fait le point sur les taxes applicables, leur calcul, les exonérations, le cas du leasing et les obligations déclaratives, avec les sources officielles à jour.
Fiscalité véhicule société 2026, taxes et obligations
Temps de lecture : ~9 min
- La TVS existe-t-elle encore en 2026 ?
- Fiscalité véhicule société 2026, quelles taxes s’appliquent concrètement ?
- Comment calculer la taxe sur les émissions de CO₂ pour un véhicule de société
- Voiture de société en leasing ou en location longue durée, quelle fiscalité ?
- Qui est redevable, et que se passe-t-il avec les indemnités kilométriques ?
- Un véhicule électrique de société est-il exonéré en 2026 ?
- Quelles exonérations de taxe véhicule sont prévues ?
- Déclaration, pilotage et checklist de conformité
- Aller plus loin avec la fiscalité véhicule société 2026
- Questions fréquentes sur la fiscalité véhicule société 2026
La TVS existe-t-elle encore en 2026 ?
Le sigle TVS reste utilisé dans le langage courant, chez les loueurs comme dans les services comptables, mais il ne correspond plus à la réalité juridique. La taxe sur les véhicules de sociétés a été remplacée par deux taxes annuelles liées à l’affectation des véhicules à des fins économiques, comme le rappelle la documentation publiée par l’administration et le Bulletin Officiel des Finances Publiques. Parler de taxe véhicule de société 2026 ou de TVS 2026 pour une PME reste donc compréhensible, mais le calcul, le fait générateur et la déclaration obéissent désormais à une logique différente, centrée sur l’usage économique réel du véhicule et non sur sa seule propriété.
Cette nuance n’est pas théorique. Elle change la façon de recenser la flotte, de traiter les véhicules loués et de documenter les justificatifs en cas de contrôle. Les entreprises qui appliquent encore une logique trimestrielle héritée de l’ancien régime s’exposent à des écarts de liquidation et à des régularisations.
Fiscalité véhicule société 2026, quelles taxes s’appliquent concrètement ?
Panorama des principales taxes applicables
Trois dispositifs doivent être distingués. La taxe annuelle sur les émissions de CO₂ dépend des émissions homologuées du véhicule, mesurées selon la norme WLTP pour les véhicules récents, ou de la puissance fiscale pour les véhicules les plus anciens. La taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques dépend de la catégorie environnementale du véhicule, en pratique de sa motorisation et de sa classification Crit’Air. La taxe annuelle incitative à l’électromobilité, enfin, ne concerne que les très grandes flottes.

| Dispositif | Base de calcul | Véhicules visés | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Taxe annuelle sur les émissions de CO₂ | Émissions de CO₂ homologuées ou puissance fiscale selon la date de première mise en circulation | Véhicules de tourisme affectés à des fins économiques | Le barème s’apprécie dans sa version applicable à la période déclarée |
| Taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques | Catégorie environnementale du véhicule, motorisation et classification Crit’Air | Mêmes véhicules de tourisme | Un véhicule peu émetteur de CO₂ peut rester taxable au titre des polluants |
| Taxe annuelle incitative à l’électromobilité | Part de véhicules à faibles émissions dans la flotte | Entreprises disposant d’au moins 100 véhicules taxables | Les flottes inférieures à 100 véhicules ne sont pas assujetties |
| Malus écologique | Émissions de CO₂ et masse du véhicule lors de la première immatriculation | Véhicules de tourisme acquis par l’entreprise | Taxe à l’immatriculation, distincte des taxes annuelles d’affectation |
La taxe est due dès lors qu’un véhicule est autorisé à circuler et qu’il est rattaché à l’activité économique de l’entreprise, qu’il lui appartienne, qu’il soit loué ou simplement mis à sa disposition, selon la documentation officielle. Le malus écologique véhicule entreprise 2026, lui, se joue à l’achat ou à la première immatriculation, et vient grever la valeur d’entrée du bien.
Comment calculer la taxe sur les émissions de CO₂ pour un véhicule de société
Les données nécessaires pour liquider la taxe CO₂
Le calcul combine plusieurs paramètres qu’il faut documenter véhicule par véhicule. Avant de lancer la liquidation, vous devez réunir les éléments suivants.
- Le nombre de véhicules de tourisme affectés à l’activité sur l’année concernée.
- La durée d’affectation de chaque véhicule, exprimée en proportion annuelle.
- La proportion d’affectation professionnelle, fixée à 100 % dans le cas général.
- Les émissions de CO₂ figurant sur la carte grise ou, pour les véhicules anciens, la puissance fiscale.
- La catégorie environnementale retenue pour la taxe sur les polluants atmosphériques.
La proportion d’affectation peut être réduite dans certaines situations, notamment l’année d’acquisition, l’année de cession, ou lorsque le véhicule est temporairement interdit de circulation ou mis en fourrière à la demande des pouvoirs publics. C’est sur ce point que les écarts apparaissent le plus souvent, en particulier dans les flottes renouvelées en cours d’exercice.
Bon à savoir
L’année du paiement ne correspond pas à l’année d’utilisation. Les taxes sont déclarées annuellement au titre de l’année précédente, donc un versement effectué en 2026 vise en principe des véhicules affectés en 2025.
Voiture de société en leasing ou en location longue durée, quelle fiscalité ?
Impact du mode de financement sur la fiscalité
Un véhicule pris en location longue durée, en crédit-bail automobile ou en location avec option d’achat entre dans le champ de la taxation dès lors qu’il est utilisé dans le cadre de l’activité économique de l’entreprise. Le BOFiP précise que les véhicules loués ou mis à disposition peuvent être pris en compte au même titre que les véhicules détenus. Autrement dit, la voiture société leasing n’échappe pas à la fiscalité 2026, même si la facturation du loueur intègre parfois une refacturation des taxes.
Le mode de financement a en revanche un impact direct sur le traitement comptable. En cas d’acquisition, une fraction de l’amortissement de la voiture particulière est non déductible au-delà du plafond fixé par le Code général des impôts, plafond modulé selon les émissions de CO₂. En location longue durée ou en crédit-bail, c’est la part correspondante du loyer qui fait l’objet d’une réintégration. La déductibilité de la TVA obéit encore à une autre logique, très restrictive pour les voitures particulières et plus favorable pour les véhicules utilitaires légers et pour certains carburants. Ces trois sujets doivent être traités séparément, sous peine d’erreurs au moment de la liasse.
Qui est redevable, et que se passe-t-il avec les indemnités kilométriques ?
Le redevable est l’entreprise, jamais le salarié ni le dirigeant à titre personnel. La logique retenue par l’administration est celle de l’affectation à des fins économiques, quel que soit le titulaire de la carte grise. C’est pourquoi les véhicules personnels utilisés par des salariés ou des dirigeants pour des déplacements professionnels peuvent entrer dans le champ de la taxation lorsque l’entreprise procède à des remboursements de frais kilométriques.
Le remboursement de frais kilométriques n’est donc pas un angle mort. Au-delà d’un certain volume de kilomètres remboursés, les véhicules concernés sont pris en compte dans la flotte taxable, avec un mécanisme d’abattement et de pourcentage de prise en compte. Les entreprises commerciales dotées de forces de vente itinérantes ont tout intérêt à recenser ces situations, car elles sont rarement suivies dans les outils de gestion de flotte.
Un véhicule électrique de société est-il exonéré en 2026 ?
C’est l’idée reçue la plus répandue. Un véhicule électrique bénéficie d’un traitement nettement plus favorable, mais il n’est pas automatiquement exonéré de toutes les impositions liées à l’entreprise. L’exonération ou la réduction doit être vérifiée taxe par taxe, et période par période, selon la date de première mise en circulation et la catégorie environnementale du véhicule.

Concrètement, un véhicule électrique sort du champ de la taxe sur les émissions de CO₂ puisqu’il n’émet pas de CO₂ à l’usage, et relève de la catégorie environnementale la plus favorable pour la taxe sur les polluants atmosphériques. En revanche, il reste pris en compte dans l’effectif de la flotte pour l’appréciation du seuil de la taxe incitative, il génère un avantage en nature lorsqu’il est mis à disposition d’un salarié, et son amortissement obéit à un plafond spécifique, plus élevé que celui des véhicules thermiques. Les règles d’avantage en nature voiture de société prévoient par ailleurs un abattement dédié aux véhicules électriques, dont les modalités sont fixées par arrêté et doivent être vérifiées dans leur version applicable à l’année concernée.
Quelles exonérations de taxe véhicule sont prévues ?
Certains véhicules sont exclus du champ ou exonérés en raison de leur usage. Le BOFiP vise notamment les véhicules affectés exclusivement à la vente, à la location de courte durée, ou à un service de transport mis à la disposition du public, lorsque cette activité correspond à l’activité normale de la société propriétaire. Les véhicules utilitaires légers conçus pour le transport de marchandises ne sont pas des véhicules de tourisme et échappent en principe à ces taxes annuelles.
La vigilance porte ici sur la qualification réelle du véhicule. Un utilitaire aménagé avec une banquette arrière, ou utilisé principalement comme une voiture particulière, peut être requalifié. La mention portée sur la carte grise constitue un indice, pas une garantie absolue. Conserver les justificatifs d’usage, les plannings d’intervention ou les contrats de location est la meilleure protection en cas de contrôle.
À retenir
Le seuil d’application de la taxe annuelle incitative à l’électromobilité est fixé à 100 véhicules taxables selon le BOFiP, ce qui exclut la très grande majorité des PME de ce dispositif en 2026.
Déclaration, pilotage et checklist de conformité
Checklist de déclaration par véhicule
La déclaration s’effectue annuellement au titre de l’année précédente, selon des modalités qui dépendent du régime déclaratif de l’entreprise et des informations disponibles dans son espace professionnel sur le site de la DGFiP. Pour sécuriser l’exercice, voici les points à recenser pour chaque véhicule.
- L’ensemble des véhicules utilisés à titre professionnel.
- La distinction entre voitures particulières et utilitaires.
- Le mode de financement de chacun.
- La date de première mise en circulation, les émissions de CO₂ et la catégorie de pollution.
- La durée et la proportion d’affectation professionnelle.
Les contrats de location, factures, cartes grises et justificatifs d’utilisation doivent être conservés.
Dans la pratique, la difficulté est rarement fiscale, elle est organisationnelle. Les données de flotte sont dispersées entre le loueur, le service généraux, la paie et la comptabilité. C’est exactement le type de sujet où la structuration du système d’information fait gagner du temps chaque année, en centralisant les contrats, les justificatifs et les flux de facturation. Nos équipes interviennent sur ce volet via notre pôle système d’information, en complément de la mission comptable et du conseil fiscal.
La fiscalité de la flotte automobile n’est pas un sujet isolé. Elle se combine avec la réforme de la facturation électronique, dont les premières échéances interviennent en 2026, puisque les loyers de location longue durée, les factures de carburant et les refacturations de taxes transiteront demain par des flux dématérialisés normés. Préparer les deux chantiers en même temps évite de refaire deux fois le travail de cartographie des données fournisseurs, sujet que nous détaillons sur notre page dédiée à la facturation électronique 2026.
Aller plus loin avec la fiscalité véhicule société 2026
En résumé, la fiscalité du véhicule de société en 2026 repose sur une grille de lecture simple à énoncer et exigeante à appliquer, celle de l’affectation à des fins économiques. Entre les deux taxes annuelles, le malus à l’immatriculation, les plafonds d’amortissement, la TVA et l’avantage en nature, l’arbitrage entre achat, location longue durée et indemnités kilométriques mérite une simulation chiffrée propre à chaque entreprise.

Si vous souhaitez faire auditer votre flotte et sécuriser votre prochaine déclaration, nos experts-comptables accompagnent les TPE et PME partout en France depuis les Hauts-de-France, et vous pouvez nous écrire via notre page contact.
À retenir sur la fiscalité véhicule société 2026
La fiscalité véhicule société 2026 repose désormais sur l’affectation réelle des véhicules à l’activité économique, avec deux taxes annuelles, un malus à l’immatriculation et des règles spécifiques d’amortissement, de TVA et d’avantage en nature. Documenter précisément la flotte, choisir entre achat, location longue durée, crédit-bail ou indemnités kilométriques et sécuriser la déclaration annuelle sont devenus des sujets de pilotage à part entière pour les TPE et PME.
FAQ – Questions fréquentes sur la fiscalité véhicule société 2026
Les véhicules de plus de dix ans sont-ils encore taxables ?
Oui, l’ancienneté n’emporte pas exonération. Pour les véhicules les plus anciens, la taxe sur les émissions de CO₂ est liquidée à partir de la puissance fiscale et non des émissions homologuées, et la catégorie Crit’Air défavorable alourdit généralement la taxe sur les polluants atmosphériques.
Une association ou une profession libérale est-elle concernée ?
Le critère retenu est l’exercice d’une activité économique au sens du Code général des impôts, et non la forme juridique. Une profession libérale soumise à un régime réel ou une association exerçant une activité économique peuvent donc être redevables pour leurs véhicules de tourisme.
Faut-il déclarer un véhicule cédé en cours d’année ?
Oui, il doit figurer dans le recensement, avec une proportion d’affectation réduite correspondant à sa durée de présence dans la flotte. Omettre les entrées et sorties d’année est l’une des causes d’erreur les plus fréquentes.
L’avantage en nature et les taxes annuelles font-ils double emploi ?
Non, ce sont deux logiques distinctes. L’avantage en nature relève du droit social et fiscal du salarié bénéficiaire, avec une évaluation forfaitaire ou réelle, alors que les taxes annuelles frappent l’entreprise au titre de l’affectation du véhicule à son activité.
Où vérifier le barème applicable à une année donnée ?
Les barèmes et seuils sont publiés par la DGFiP et commentés au Bulletin Officiel des Finances Publiques, avec une mise à jour liée aux lois de finances successives. Il faut systématiquement consulter la version en vigueur sur la période déclarée, et non celle de l’année de paiement.